Durant le mois de mai, mois de l’hypertension, 11 hôpitaux proposent un dépistage de l’hypertension gratuit et sans rendez-vous.

Quelque 3,6 millions de Belges, soit plus d’un tiers des adultes, souffrent d’hypertension artérielle et, bien souvent, ils l’ignorent. Parmi eux, on relève 45% des hommes et 37% des femmes. La situation en Belgique progresse : en effet, la célèbre « règle des moitiés », formulée dans les années 1970 selon laquelle seule la moitié des hypertendus seraient diagnostiqués, dont la moitié seraient traités, dont la moitié seraient contrôlés, n’est aujourd’hui plus applicable en Belgique. Les données actuelles témoignent d’une amélioration significative du dépistage. Cependant, la proportion de patients non traités ou insuffisamment contrôlés reste préoccupante, soulignant la persistance d’un important besoin médical non couvert.

L’hypertension : un tueur silencieux encore sous-estimé

L’hypertension artérielle est souvent qualifiée de « tueur silencieux ». Elle évolue généralement sans symptômes apparents, tout en augmentant fortement le risque de maladies cardiovasculaires telles que l’infarctus du myocarde, l’AVC, l’insuffisance cardiaque ou encore l’insuffisance rénale. Sans dépistage, elle peut progresser durant des années sans être détectée.

La “règle des moitiés” n’est plus d’actualité en Belgique

Les données issues des campagnes de dépistage belges May Measurement Month (2017–2023), publiées dans la revue Blood Pressure (De Bacquer D. et al., 2025) [1], montrent une évolution encourageante. En effet, environ seul 1 patient sur 3 ignore encore son hypertension, contre 1 sur 2 il y a quelques décennies. Cette amélioration démontre que les campagnes de sensibilisation et de dépistage ont un impact réel.

Cependant, des défis persistent : 25 % des patients hypertendus ne sont pas traités et 42 % présentent une pression artérielle insuffisamment contrôlée. Autrement dit : si le diagnostic progresse, la prise en charge et le contrôle tensionnel restent des enjeux de santé publique majeurs.

L’hypertension reste une maladie silencieuse : en Belgique, une proportion importante de patients ignore encore qu’elle en est atteinte. Ce qui est particulièrement préoccupant aujourd’hui, c’est son apparition de plus en plus précoce. Nous observons en pratique clinique une augmentation des facteurs de risque chez les jeunes, notamment la sédentarité, l’alimentation déséquilibrée et le surpoids.

Le dépistage est donc essentiel, car mesurer sa tension est un geste simple qui peut prévenir des complications graves comme l’infarctus ou l’accident vasculaire cérébral. Le message est clair : faites contrôler votre tension régulièrement, même sans symptôme.

Professeur van de Borne, Cardiologue à l’Hôpital Erasme, Bruxelles

Une évolution préoccupante : l’hypertension touche aussi les jeunes

Longtemps considérée comme une maladie de l’adulte, l’hypertension concerne désormais de plus en plus les enfants et adolescents. En effet, les modes de vie actuels (sédentarité, alimentation déséquilibrée, stress chronique et consommation accrue de substances comme le sel, l’alcool ou le tabac) contribuent à l’apparition plus précoce de l’hypertension.

Une étude récente publiée dans The Lancet [2] (méta-analyse de 96 études menées dans 21 pays, incluant plus de 440 000 enfants) révèle que la prévalence de l’hypertension chez les moins de 19 ans a presque doublé en vingt ans, passant de 3,2 % en 2000 à plus de 6,2 % en 2020. Cela représente environ 114 millions d’enfants et d’adolescents concernés dans le monde. Près de 19 % des enfants en état d’obésité souffrent d’hypertension, contre moins de 3 % chez les enfants de poids normal.

Face à cette réalité, il est essentiel de rappeler que la prévention repose sur des mesures simples : adopter une alimentation équilibrée, pratiquer une activité physique régulière, limiter la consommation de sel et d’alcool, et surveiller régulièrement sa tension artérielle. Les campagnes de sensibilisation doivent aujourd’hui cibler l’ensemble de la population, y compris les jeunes adultes, afin de briser l’idée reçue selon laquelle l’hypertension ne concerne que les personnes âgées. Le dépistage précoce constitue un levier majeur pour réduire l’impact de cette pathologie sur la santé publique.

Dans notre pratique, nous constatons effectivement une augmentation des cas d’hypertension chez des patients de plus en plus jeunes. Cette évolution est préoccupante car elle expose ces personnes à des complications cardiovasculaires sur une durée plus longue. Cela renforce la nécessité d’un dépistage systématique, y compris chez les sujets jeunes, même en l’absence de symptômes.

Docteur Bertrand Falque, Cardiologue au CHR de Huy

L’action 2026 : poursuivre le dépistage pour mieux comprendre la réalité belge

Au cours du mois de mai, onze hôpitaux belges participent à une campagne nationale de dépistage gratuit de l’hypertension dans le cadre du May Measurement Month (mois de mai de la mesure, MMM) :

  • le 6 mai à l’AZORG Aalst
  • le 7 mai à l’UZ Gent
  • le 12 mai au CHR Hutois
  • le 18 mai à l’UZ Brussel
  • le 19 mai au CHU Helora Mons
  • le 20 mai aux Cliniques Universitaires Saint-Luc Bruxelles
  • le 21 mai à l’UZ Leuven
  • le 22 mai au CHU Brugmann (site Paul Brien)
  • le 26 mai au CHU de Liège
  • le 27 mai au GHdC Charleroi
  • le 28 mai à l’Hôpital Erasme Bruxelles
Stand de Dépistage de l'hypertension à l'AZORG Aalst
Stand de Dépistage de l’hypertension à l’AZORG Aalst

La campagne 2026 s’inscrit dans une volonté claire : continuer à dépister les Belges pour disposer d’une vision toujours plus précise de la problématique, identifier les personnes à risque et améliorer la prévention cardiovasculaire. Le dépistage reste un geste simple, rapide et indolore, mais potentiellement vital.

Selon le docteur Jouret, néphrologue au CHU de Liège : « L’hypertension artérielle est un enjeu de santé publique majeur, souvent sous-diagnostiqué car elle évolue longtemps sans symptômes. Les initiatives de dépistage, comme celles organisées dans les hôpitaux du Royaume, jouent un rôle clé pour détecter précocement les patients et prévenir les complications irréversibles de cette maladie. Un contrôle régulier de la tension est un geste simple… et essentiel pour préserver sa santé à long terme. »

À propos du Comité Belge de lutte contre l’Hypertension (CBH)

Le Comité Belge de lutte contre l’Hypertension se consacre à la prévention et à la gestion des maladies cardiovasculaires et fait partie de l’International Society of Hypertension (ISH). L’ISH a identifié que la sensibilisation est un enjeu clé dans la lutte contre l’hypertension et a donc mis en place l’initiative du mois de mai de la mesure (MMM), dans le but de sensibiliser davantage aux problèmes liés à l’augmentation de la pression artérielle et à l’importance de la faire contrôler. Servier s’associera à nouveau à l’ISH et au CBH afin de sensibiliser et motiver les Belges à faire contrôler leur pression artérielle en 2026.

À propos de Servier

Servier est un laboratoire pharmaceutique français présent dans le monde entier et réalisant des recherches depuis plus de 40 ans. Servier possède un portefeuille de médicaments antihypertenseurs qui aident, chaque jour, 15 millions de patients à contrôler leur maladie partout dans le monde. Servier s’efforce de concevoir des services et produits innovants pour faire face aux besoins des patients hypertendus. Grâce à cette campagne, Servier a pour objectif de sensibiliser à l’hypertension et d’améliorer le bien-être des patients.

Sources

[1] De Bacquer D, Bayet S, Bondue A, et al. Prevalence, awareness and therapeutic control of hypertension in Belgium: an opportunistic screening of nearly 6,000 participants during the May Measurement Month campaigns 2017-23. Blood Press. 2025;34(1):2501956. doi:10.1080/08037051.2025.2501956

[2] Zhou J, Shan S, Wu J, et al. Global prevalence of hypertension among children and adolescents aged 19 years or younger: an updated systematic review and meta-analysis. Lancet Child Adolesc Health. 2026;10(1):11-21. doi:10.1016/S2352-4642(25)00281-0